Et si l’aventure vous attendait au coin de la rue, sans même besoin de réserver un créneau ? C’est le pari d’Escape The City, un escape game extérieur et connecté, disponible dans plus de 26 villes en France. Ici, pas de salle ni de game master en chair et en os : votre équipe reçoit ses instructions par mail, un chatbot vous guide dans l’histoire, et c’est à vous d’arpenter les rues pour observer, déduire et résoudre les énigmes qui vous séparent de votre mission. Pour en savoir plus sur ce concept qui réinvente l’escape game en plein air, nous avons posé quelques questions à Lucile, co-gérante de l’enseigne.
Lucile, vous avez commencé en 2018-2019 à Nantes avant de vous développer largement : qu’est-ce qui a fait basculer d’un projet local à un réseau de plus de 26 villes ?
Dès la création, nous avions pour idée de transformer les centres-villes de France en véritable terrain de jeu. Nous avons commencé par créer des aventures dans les villes voisines puis nous sommes partis à la découverte de nouveaux lieux.
À chaque fois, c’est un travail exigeant de repérages afin de créer des jeux qui permettent aux joueurs de poser l’œil sur des éléments qu’ils n’auraient pas vu lors d’une simple balade. Disons qu’il n’y a pas eu de bascule nette, mais plutôt la volonté de transformer les rues de France en véritable terrain de jeu, du travail et du temps pour en arriver aujourd’hui à notre réseau de ville.

Comment écrit-on pour un joueur qui peut abandonner à tout moment dans la rue, contrairement à une salle fermée d’où on ne sort pas ?
Pour que les joueurs souhaitent aller au bout de son aventure, il faut que l’ensemble de l’expérience soit fluide. Un chatbot facile à démarrer, une histoire qui change et des énigmes cohérentes. Notre jeu à l’avantage de pouvoir être joué de plein de manières différentes.
Une équipe qui aime le challenge va essayer de battre les records tandis que d’autres équipes qui sont plutôt là pour découvrir et s’amuser peuvent très bien faire l’aventure à leur rythme et faire des pauses. Permettre à chacun de jouer à sa manière encourage les joueurs à vivre leur aventure jusqu’au bout.
Le chatbot doit deviner si une équipe est bloquée sans qu’elle le formule clairement, comment avez-vous appris à repérer ça ?
Actuellement, les joueurs peuvent obtenir des indices de 2 manières, soit ils les demandent dans ce cas, les participants peuvent vraiment moduler la difficulté de leur partie. Soit nous leur en proposons en fonction des réponses qu’ils donnent. Bien sûr, cela dépend aussi des types de défis qui sont proposés aux joueurs.
Vous vendez à la fois un jeu grand public et des jeux sur mesure à des communes ou offices de tourisme, lequel des deux faits vraiment vivre l’entreprise aujourd’hui ?
Nos deux activités sont très complémentaires ! Les deux activités nous permettent d’avoir des projets différents et de faire travailler notre équipe pluridisciplinaire de game-designer, graphiste et développeurs tout au long de l’année.
Y a-t-il un lieu ou un détail d’une ville que vous avez découvert vous-même en écrivant un scénario, alors que vous pensiez la connaître par cœur ?
Le nombre d’anecdotes que nous apprenons en écrivant nos jeux nous surprend toujours et nous rappelle pour chacune de nos villes que nous avons un territoire national chargé d’Histoire. Difficile de limiter à un détail, c’est la redécouverte entière d’un quartier lorsque l’on commence à le passer au peigne fin et à vraiment le regarder.
Avez-vous un souvenir de partie où le jeu a vraiment rapproché une équipe (famille, collègues) au-delà de ce que vous imaginiez au moment de l’écrire ?
Au fil des ans, nous avons eu plein de beaux moments sur nos jeux. Des joueurs qui nous ont demandés de rajouter une petite étape pour demander à leurs amis d’être leurs témoins. Un homme avec qui nous avons changé la fin du jeu pour qu’il puisse faire sa demande en mariage, des collègues qui chaque année se retrouve pour faire un autre des scénarios et prendre leur revanche.
Récemment nous avons découvert qu’un groupe de joueuses s’était organisé un week-end en Bretagne pour faire nos jeux de la région.
Ça m’a beaucoup touchée parce que nos jeux ont fait exactement ce qu’on aime : créer un moment ensemble et un prétexte pour s’évader du quotidien.

Quelle ville rêveriez-vous d’ajouter à votre catalogue si le budget et la logistique n’étaient pas un problème ?
Il y encore beaucoup de villes qui feront de superbes terrains de jeu mais c’est plus une question de temps. Récemment nous avons sorti deux aventures à Saint-Emilion (33) proche de Bordeaux qui était sur mes objectifs depuis plusieurs années !
Personnellement j’adore ces cités et villages de caractères car ce sont des décors d’autant plus immersifs pour nos jeux avec une Histoire passionnante. Il est plus difficile d’amortir le temps de création d’un jeu dans ce type de lieu sans soutien des collectivités que ce soit à la création ou à la promotion de l’activité.
Merci encore à Lucile d’avoir répondu à nos questions et ne manquez pas de retrouver toutes les aventures Escape The City sur le site.
